{"id":6683,"date":"2018-12-20T17:21:38","date_gmt":"2018-12-20T16:21:38","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pagans.eu\/?p=6683"},"modified":"2019-01-28T10:33:06","modified_gmt":"2019-01-28T09:33:06","slug":"les-celtes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pagans.eu\/en\/les-celtes\/","title":{"rendered":"Les Celtes"},"content":{"rendered":"<p align=\"center\"><u><b>LES CELTES<\/b><\/u><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Le mot m\u00eame de \u00ab&nbsp;Celtes&nbsp;\u00bb r\u00e9sonne dans notre m\u00e9moire collective \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un coup de tonnerre. A la seule \u00e9vocation de ce nom, vient s\u2019imposer l\u2019image de grands guerriers, combattant pour la plupart torse nu, riant des blessures inflig\u00e9es par l\u2019ennemi et se moquant encore davantage de la mort. Nous imaginons \u00e9galement un peuple vivant en parfaite harmonie avec la nature, comme ces \u00ab&nbsp;peaux-rouges&nbsp;\u00bb qui subirent, d\u2019ailleurs, un sort \u00e0 peu pr\u00e8s similaire \u00e0 celui des Celtes. Enfin, nous ne pouvons \u00e9voquer les Celtes sans songer \u00e0 ces hommes v\u00e9n\u00e9rables, portant une longue barbe et tout de blanc v\u00eatus, qui coupaient le gui \u00e0 l\u2019aide d\u2019une serpe d\u2019or lors de c\u00e9r\u00e9monies \u00e0 connotation apparemment animiste.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Cependant, la r\u00e9alit\u00e9 est sans doute bien plus complexe qu\u2019il n\u2019y para\u00eet. L\u2019ennui, avec les Celtes, c\u2019est que nous ne connaissons que tr\u00e8s peu de choses \u00e0 leur sujet. La faute en revient aux Celtes eux-m\u00eames qui ne nous ont laiss\u00e9 aucune source \u00e9crite. Bien entendu, nous avons les r\u00e9cits des auteurs latins, qu\u2019ils aient \u00e9t\u00e9 ou non contemporains. Mais nous ne pouvons regarder ces textes sans une certaine d\u00e9fiance, surtout lorsqu\u2019ils proviennent d\u2019ennemis d\u00e9clar\u00e9s \u00e0 la cause celte, comme ce fut le cas pour Jules C\u00e9sar. Toutefois, les vestiges arch\u00e9ologiques nous ont donn\u00e9 quelque mati\u00e8re \u00e0 r\u00e9flexion. Et surtout, nous avons les manuscrits irlandais du haut Moyen-\u00c2ge, sans lesquels nous serions pratiquement ignorants de la mythologie celtique.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Dans ce qui va suivre, nous allons essayer de percer ce qui convient d\u2019appeler le \u00ab&nbsp;myst\u00e8re celte&nbsp;\u00bb. Les pi\u00e8ces que nous livrons au lecteur sont, il est vrai, celles d\u2019un puzzle incomplet. Elles nous permettront, n\u00e9anmoins, de mieux comprendre cette affirmation d\u2019Aristote&nbsp;: \u00ab&nbsp;La philosophie a commenc\u00e9 chez les Celtes et la Gaule a \u00e9t\u00e9 l\u2019institutrice de la Gr\u00e8ce.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Les Celtes, ou les Galates comme les appelaient les Grecs &#8211; ce dernier nom correspondant au mot latin Galli (les Gaulois) &#8211; entr\u00e8rent officiellement dans l\u2019histoire aux VIII\u00e8me et VII\u00e8me si\u00e8cles avant J\u00e9sus-Christ, soit au d\u00e9but de \u00ab&nbsp;l\u2019\u00c2ge du Fer&nbsp;\u00bb. Jusqu\u2019au IV\u00e8me si\u00e8cle avant J.-C., leur installation en Europe s\u2019\u00e9tait toujours effectu\u00e9e de fa\u00e7on pacifique, se m\u00ealant aux populations autochtones et partageant avec elles culture et technologie. D\u00e8s la fin du V\u00e8me si\u00e8cle avant J.-C., la colonisation se fit plus brutale. C\u2019est ainsi que l\u2019Italie vit d\u00e9ferler sur son territoire de nombreuses hordes venues de la Gaule Transalpine, soit de notre France actuelle. D\u2019apr\u00e8s Tite-Live, c\u2019est un exc\u00e9dent de populations qui jeta sur les routes quelques 300.000 Celtes en qu\u00eate de nouveaux territoires. Si l\u2019on s\u2019en rapporte \u00e0 l\u2019Histoire ou \u00e0 la l\u00e9gende (ne pouvant d\u00e9terminer avec pr\u00e9cision \u00e0 quelle cat\u00e9gorie appartiennent les faits que nous allons rappeler), Ambigat, le roi des Bituriges, fut confront\u00e9 \u00e0 un risque r\u00e9el de famine au vu du nombre toujours croissant de bouches \u00e0 nourrir. Pour r\u00e9soudre ce probl\u00e8me, il n\u2019eut pas d\u2019autre choix que celui d\u2019ordonner un exode massif. Il demanda donc \u00e0 ses deux neveux, S\u00e9gov\u00e8se et Bellov\u00e8se, de s\u2019exiler avec toutes les populations qui d\u00e9pendaient d\u2019eux. Un oracle intervint et indiqua la voie \u00e0 suivre \u00e0 chacun des neveux. S\u00e9gov\u00e8se dut prendre la route qui conduisait \u00e0 la for\u00eat hercynienne, alors que Bellov\u00e8se prenait la direction de l\u2019Italie. Une autre version, celle de Pline, veut que ce soit un artisan helv\u00e8te qui, de retour de Rome o\u00f9 il avait exerc\u00e9 son art, incita ses compatriotes \u00e0 venir profiter d\u2019un climat plus propice apr\u00e8s leur avoir montr\u00e9 des figues s\u00e8ches, du raisin et des \u00e9chantillons d\u2019huile et de vin. Toujours est-il que les premiers Gaulois parvenus de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 des Alpes semblent s\u2019\u00eatre install\u00e9s sans heurt, car la Cisalpine comprenait d\u00e9j\u00e0 des populations celtes. Cependant, \u00e0 un moment donn\u00e9, les choses se sont aggrav\u00e9es, soit \u00e0 cause de l\u2019arriv\u00e9e de troupes gauloises trop importantes, soit suite \u00e0 des conflits locaux auxquels les Gaulois prenaient part en tant que mercenaires. Leur r\u00e9putation de guerriers sans peur avait effectivement pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 les Gaulois qui se voyaient engag\u00e9s, tour \u00e0 tour, par les Etrusques, les Grecs ou encore les Carthaginois.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">En ce qui concerne la prise de Rome par les Celtes, survenue en 386 avant J.-C., on subodore que ce fameux \u00e9v\u00e9nement est la r\u00e9sultante de la perfidie d\u2019ambassadeurs romains venus apporter leur soutien \u00e0 une cit\u00e9 \u00e9trusque en guerre avec les S\u00e9nons (peuple celtique originaire du bassin de l\u2019Yonne). Ces derniers, sous la conduite de leur chef, Brennus, s\u2019\u00e9lanc\u00e8rent donc vers la ville \u00e9ternelle. Arriv\u00e9s \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de Rome, au confluent de l\u2019Allia et du Tibre, se pr\u00e9sent\u00e8rent devant eux les l\u00e9gions romaines, compos\u00e9es de troupes de nouvelle lev\u00e9e et command\u00e9es par des chefs plus orgueilleux que comp\u00e9tents. Au premier choc, les l\u00e9gions furent enfonc\u00e9es par la fureur gauloise. L\u2019aile gauche de l\u2019arm\u00e9e romaine fut compl\u00e8tement an\u00e9antie apr\u00e8s avoir succomb\u00e9 sous l\u2019\u00e9p\u00e9e des S\u00e9nons ou p\u00e9ri noy\u00e9e dans les eaux du Tibre. Quant au centre et \u00e0 l\u2019aile droite, ils se disloqu\u00e8rent d\u2019eux-m\u00eames, les troupes les composant ayant honteusement pris la fuite sans avoir essay\u00e9 d\u2019opposer la moindre r\u00e9sistance face aux Gaulois. Ayant d\u00e9sormais la voie libre, Brennus et ses hommes s\u2019empar\u00e8rent de Rome sans coup f\u00e9rir, la cit\u00e9 n\u2019\u00e9tant plus occup\u00e9e que par quelques femmes et des vieillards (l\u2019image d\u2019un Gaulois tirant la barbe d\u2019un vieux s\u00e9nateur est parvenue jusqu\u2019\u00e0 nous). Seul le Capitole, perch\u00e9 sur sa colline, r\u00e9sista aux assaillants, gr\u00e2ce notamment au d\u00e9sormais c\u00e9l\u00e8bre \u00e9pisode des oies. Apr\u00e8s avoir occup\u00e9 Rome pendant sept longs mois, les S\u00e9nons consentirent \u00e0 quitter les lieux apr\u00e8s avoir touch\u00e9 une ran\u00e7on fix\u00e9e \u00e0 mille livres d\u2019or. Lors de la pes\u00e9e, les Romains accus\u00e8rent les Gaulois de tricher, en soup\u00e7onnant que les poids apport\u00e9s par ces derniers \u00e9taient pip\u00e9s. Rentrant dans une sombre col\u00e8re, Brennus jeta son \u00e9p\u00e9e dans la balance tout en ajoutant ces mots&nbsp;: \u00ab&nbsp;Vae victis&nbsp;!&nbsp;\u00bb (Malheur aux vaincus&nbsp;!). Puis, les S\u00e9nons se retir\u00e8rent pour aller s\u2019installer sur la c\u00f4te adriatique. Les auteurs latins nous rapportent que la cit\u00e9 antique fut compl\u00e8tement d\u00e9truite par les Gaulois, ayant \u00e9t\u00e9 incendi\u00e9e juste avant leur d\u00e9part. Mais ce fait appara\u00eet comme fort douteux, car aucune trace d\u2019un quelconque incendie \u00e0 cette \u00e9poque ne fut trouv\u00e9e par les arch\u00e9ologues. Il n\u2019en demeure pas moins que les Romains ne pardonn\u00e8rent jamais aux Gaulois cette terrible humiliation et n\u2019eurent de cesse d\u2019assouvir leur vengeance. C\u2019est Jules C\u00e9sar, pendant la guerre des Gaules (de 58 \u00e0 52 avant J.-C.), qui parviendra \u00e0 laver l\u2019affront de la plus terrible des mani\u00e8res, en faisant p\u00e9rir un million de Gaulois sous le glaive, en r\u00e9duisant \u00e0 l\u2019\u00e9tat d\u2019esclaves un autre million, et apr\u00e8s avoir d\u00e9truit d\u2019innombrables villages et cit\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Plus de cent ans apr\u00e8s la prise de Rome, les Gaulois firent \u00e0 nouveau parler d\u2019eux, cette fois de la Gr\u00e8ce \u00e0 l\u2019Asie mineure. En 280 avant J.-C., des troupes conduites respectivement par Kerethrios, Bolgios et Brennos, s\u2019empar\u00e8rent presque simultan\u00e9ment de la Thrace, de l\u2019Illyrie, de la Mac\u00e9doine et de la P\u00e9onie. Depuis ce dernier territoire, s\u2019\u00e9talant du nord de la Gr\u00e8ce jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ouest de la Bulgarie, Brennos, second\u00e9 par Akichorios, d\u00e9cide de descendre vers le sud. Son chemin est jalonn\u00e9 d\u2019emb\u00fbches et rares sont les jours o\u00f9 il ne doit pas livrer bataille. Bien qu\u2019\u00e0 chaque fois victorieux, ses effectifs fondent comme neige au soleil. En 279 avant J.-C., il parvient toutefois devant Delphes, avec une arm\u00e9e de 65.000 hommes. L\u00e0, on ne sait plus tr\u00e8s bien ce qui se passe, les r\u00e9cits \u00e9tant contradictoires. Selon les uns, Brennos a mis \u00e0 sac la cit\u00e9 de Delphes et s\u2019est empar\u00e9 de ses fabuleux tr\u00e9sors, lesquels auraient, ensuite, \u00e9t\u00e9 amen\u00e9s jusqu\u2019en Gaule, plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 Toulouse. D\u2019apr\u00e8s d\u2019autres auteurs, Apollon lui-m\u00eame serait intervenu pour emp\u00eacher la profanation de son temple en provoquant la d\u00e9faite des troupes gauloises. Aux termes du combat, Brennos, bless\u00e9, se serait donn\u00e9 la mort, ne supportant pas le d\u00e9shonneur de la d\u00e9faite ou voulant \u00e9chapper \u00e0 sa future condition de prisonnier (ou d\u2019esclave). On retrouve les rescap\u00e9s de l\u2019arm\u00e9e de Brennos en 278 avant J.-C., ces derniers ayant \u00e9t\u00e9 appel\u00e9s en Asie Mineure par Nicom\u00e8de de Bithynie afin de l\u2019aider \u00e0 combattre les rois s\u00e9leucides ou son propre fr\u00e8re Zipo\u00e9t\u00e8s. En remerciement pour leur action d\u00e9cisive, Nicom\u00e8de leur accorda un territoire connu, depuis, sous le nom de Galatie. Toutefois, les Galates ne purent y vivre en paix, devant sans cesse prendre les armes contre les royaumes hell\u00e9nistiques ou celui de Pergame. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9finitivement vaincus par Attale 1<sup>er<\/sup>, roi de Pergame, celui-ci, ayant reconnu leurs grandes qualit\u00e9s guerri\u00e8res, les prit \u00e0 son service en tant que mercenaires (en \u2013 218).<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Ainsi que nous venons de le voir, les Celtes ne furent pas tr\u00e8s loin de dominer une partie non n\u00e9gligeable de la plan\u00e8te. Cependant, leur r\u00e8gne ne dura gu\u00e8re que quelques si\u00e8cles, victimes qu\u2019ils furent d\u2019invasions venant aussi bien du nord que du sud. De plus, contrairement aux Celtes qui assimil\u00e8rent toujours les autres cultures dans une v\u00e9ritable symbiose, leurs ennemis, et particuli\u00e8rement les Romains, eurent la volont\u00e9 \u00e9vidente de faire dispara\u00eetre l\u2019une des plus grandes civilisations que le monde ait connues. On s\u2019est m\u00eame acharn\u00e9 \u00e0 d\u00e9truire ce qui constituait l\u2019\u00e2me m\u00eame de ce peuple, en \u00e9liminant, physiquement, leurs ma\u00eetres \u00e0 penser&nbsp;: les druides. Comme nous l\u2019avons vu un peu plus haut, sans doute y avait-il de la part des Romains un d\u00e9sir de vengeance pouss\u00e9 \u00e0 son paroxysme. Mais cela n\u2019explique pas tout. Force est de constater que le myst\u00e8re plane au-dessus de ces populations dont nous ne connaissons toujours pas aujourd\u2019hui les v\u00e9ritables origines. De fait, si nous sommes capables de suivre tr\u00e8s exactement leur parcours \u00e0 partir du VI\u00e8me si\u00e8cle avant J\u00e9sus-Christ, et de localiser, \u00e0 partir de cette date, leur centre d\u2019\u00e9mergence qui \u00e9tait constitu\u00e9 par l\u2019Allemagne m\u00e9ridionale, la Suisse, l\u2019ouest de l\u2019Autriche, le nord-est de la France et le sud de la Belgique, nous devons nous en remettre aux simples suppositions en ce qui concerne les p\u00e9riodes ant\u00e9rieures. Habituellement, on consid\u00e8re que les Celtes sont des Indo-Europ\u00e9ens ou des Indo-Aryens, ce qui signifie que leur lieu d\u2019origine se situerait quelque part entre l\u2019Inde et les Carpates. Cette filiation avec l\u2019Inde, nous la retrouvons dans la racine de plusieurs noms. Ainsi, la Tara indienne, d\u00e9esse de la Parole, a assur\u00e9ment des points communs avec le Tara irlandais, lieu o\u00f9 le roi Ardri dispensait sa parole aux autres rois. Mais l\u00e0 s\u2019arr\u00eatent les similarit\u00e9s avec l\u2019Inde, car il est difficile de comparer un Indien avec un Celte blond aux yeux bleus. M\u00eame leur groupe sanguin ne correspond pas. Alors que le groupe B pr\u00e9domine sur le continent sud-asiatique, les Celtes \u00e9taient exclusivement du groupe O. Nous ferons ici un apart\u00e9 pour signaler au lecteur que 43 % de la population fran\u00e7aise, dont une partie peut se pr\u00e9tendre \u00ab&nbsp;descendants des Gaulois&nbsp;\u00bb, pr\u00e9sentent un groupe sanguin de type O. Cette proportion est m\u00eame encore plus importante chez la population basque avec 56 %. En revanche, la pr\u00e9sence du groupe O parmi plusieurs peuples du continent am\u00e9ricain a v\u00e9ritablement de quoi stup\u00e9fier&nbsp;: 96 % des Indiens Nord-Am\u00e9ricains sont de groupe O&nbsp;! Ce chiffre atteint les 97 % chez les Mayas et les 100 % chez les Indiens du P\u00e9rou&nbsp;! Outre le fait que ce r\u00e9sultat semble accr\u00e9diter cette croyance des Indiens du continent Nord-Am\u00e9ricain qui consid\u00e8rent les Celtes comme leurs fr\u00e8res, on est en droit de se demander si une terre commune n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 le berceau de ces peuplades a priori disparates. On pense, bien entendu, \u00e0 l\u2019Atlantide, mais aussi \u00e0 un autre continent englouti&nbsp;: Mu. Si nous ne pouvons d\u00e9velopper ici ces hypoth\u00e8ses, retenons toutefois que ces th\u00e9ories pourraient trouver une certaine accr\u00e9ditation dans les propos de Salomon Reinach, le c\u00e9l\u00e8bre arch\u00e9ologue et conservateur du Mus\u00e9e des Antiquit\u00e9s Nationales \u00e0 Saint-Germain-en-Laye (de 1902 \u00e0 1932), lequel consid\u00e9rait que les Celtes \u00e9taient le peuple le plus vieux du monde. Enfin, pour en terminer avec les origines myst\u00e9rieuses des Celtes, nous citerons, \u00e0 titre anecdotique, la litt\u00e9rature grecque sur l\u2019Hyperbor\u00e9e. A la lecture de ces textes, nous avons toutes les raisons de croire que les individus d\u00e9sign\u00e9s par les Grecs sous le nom d\u2019&nbsp;\u00ab&nbsp;Hyperbor\u00e9ens&nbsp;\u00bb n\u2019\u00e9taient autres que les Celtes.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.pagans.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Tuatha-d\u00e9-danann.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-6687 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.pagans.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Tuatha-d\u00e9-danann-300x183.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"183\" srcset=\"https:\/\/www.pagans.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Tuatha-d\u00e9-danann-300x183.jpg 300w, https:\/\/www.pagans.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Tuatha-d\u00e9-danann.jpg 320w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"western\">Apr\u00e8s avoir entr\u2019aper\u00e7u l\u2019origine des Celtes, nous allons maintenant aborder l\u2019apport de cette grande civilisation \u00e0 notre monde, certaines de leurs techniques et autres inventions \u00e9tant toujours utilis\u00e9es de nos jours. Ce faisant, nous mettrons \u00e0 bas, une bonne fois pour toutes, cette image de rustres querelleurs vivant dans des huttes et passant leur temps \u00e0 festoyer lorsqu\u2019ils ne bataillaient pas. De la m\u00eame mani\u00e8re, le terme de \u00ab&nbsp;barbares&nbsp;\u00bb, dont les Grecs et les Romains avaient coutume d\u2019affubler les Celtes, devra \u00eatre replac\u00e9 dans son sens premier. Car loin d\u2019avoir la connotation p\u00e9jorative que nous lui connaissons aujourd\u2019hui, le mot \u00ab&nbsp;barbare&nbsp;\u00bb, provenant du grec ancien \u00ab&nbsp;barbaros&nbsp;\u00bb, signifie tout simplement \u00ab&nbsp;\u00e9tranger&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p class=\"western\">Avec l\u2019arriv\u00e9e des Celtes commen\u00e7a l\u2019\u00c2ge du Fer. Cette premi\u00e8re assertion est de taille, puisqu\u2019elle sous-entend que c\u2019est aux Celtes que nous devons l\u2019usage du fer, un m\u00e9tal qui n\u2019est pas si simple \u00e0 travailler pour lui donner la solidit\u00e9 voulue et dont la r\u00e9duction du minerai demande \u00e9galement de bonnes comp\u00e9tences techniques. Et bien que les forgerons gaulois n\u2019aient pas \u00e9t\u00e9 les seuls \u00e0 dominer cette mati\u00e8re \u2013 les habitants du nord de l\u2019Inde pouvant \u00e9galement se vanter d\u2019\u00eatre des ma\u00eetres dans ce domaine depuis une \u00e9poque relativement recul\u00e9e \u2013 il est certain que les armes qu\u2019ils donn\u00e8rent aux guerriers celtes conf\u00e9r\u00e8rent \u00e0 ces derniers un avantage ind\u00e9niable sur leurs adversaires. N\u2019oublions pas, en effet, que les troupes romaines et grecques furent longtemps \u00e9quip\u00e9es d\u2019armes de bronze, un alliage qui ne r\u00e9sistait pas tr\u00e8s longtemps sous le choc du fer. Outre son application militaire, le fer s\u2019av\u00e9ra aussi fort utile pour les progr\u00e8s de l\u2019agriculture. Comme chacun sait, les Gaulois furent les inventeurs de la charrue, cette derni\u00e8re ayant \u00e9t\u00e9 am\u00e9lior\u00e9e, en R\u00e9tie gauloise, par l\u2019ajout de deux petites roues. Plus surprenante encore fut l\u2019invention, par les Celtes, d\u2019une v\u00e9ritable moissonneuse. Les Gaulois ayant \u00e9t\u00e9 de grands producteurs de bl\u00e9, ils s\u2019\u00e9taient facilit\u00e9 la t\u00e2che en mettant au point une sorte de tombereau \u00e0 deux roues dont le bord ant\u00e9rieur \u00e9tait arm\u00e9 de dents qui arrachaient les \u00e9pis. Une fois arrach\u00e9s, les \u00e9pis tombaient automatiquement dans le tombereau. Et lorsqu\u2019il s\u2019agissait de faucher les pr\u00e9s, les Gaulois utilisaient une faux qui coupait l\u2019herbe haute sans toucher \u00e0 l\u2019herbe courte. Rappelons-nous que ces inventions remontent \u00e0 environ 2.500 ans. Or, lorsqu\u2019on \u00e9tudie l\u2019histoire des moyens agraires, on a l\u2019impression qu\u2019aucune avanc\u00e9e ne fut r\u00e9alis\u00e9e jusqu\u2019au XIX\u00e8me si\u00e8cle. Bien au contraire, certaines techniques employ\u00e9es par les Gaulois, comme celle du chaulage, furent oubli\u00e9es pendant pr\u00e8s de deux mill\u00e9naires. Pour amender les terres trop acides, les Celtes r\u00e9pandaient de la chaux. Mais l\u2019oubli de cette m\u00e9thode conduisit des territoires, comme le S\u00e9gala (englobant une partie non n\u00e9gligeable du d\u00e9partement de l\u2019Aveyron), \u00e0 une grande pauvret\u00e9. Ce n\u2019est, en effet, qu\u2019au XIX\u00e8me si\u00e8cle que les agriculteurs de nos r\u00e9gions red\u00e9couvrirent l\u2019emploi de la chaux et purent, ainsi, mettre fin \u00e0 des famines r\u00e9p\u00e9t\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"western\">Si par leurs activit\u00e9s agricoles les Gaulois ont fa\u00e7onn\u00e9 nos campagnes, on leur doit \u00e9galement une urbanisation imposante, mais intelligente, dont les bases ont servi \u00e0 tous leurs successeurs. De sorte que la configuration de la France, avec ses villages et ses villes, a tr\u00e8s peu \u00e9volu\u00e9 depuis l\u2019\u00e9poque des Gaulois, du moins au niveau du choix des emplacements pour l\u2019habitat. Du reste, combien de cit\u00e9s ou de petits bourgs portent encore, dans leur d\u00e9nomination, l\u2019empreinte celte&nbsp;? Si nous prenons l\u2019exemple de notre capitale, Paris, force est de reconna\u00eetre que son nom nous vient tout droit de la tribu celte des \u00ab&nbsp;Parisii&nbsp;\u00bb qui s\u2019\u00e9tait install\u00e9e dans l\u2019actuelle r\u00e9gion parisienne. Et que dire devant tous ces noms se terminant par \u00ab&nbsp;ac&nbsp;\u00bb comme M\u00e9rignac ou Bergerac&nbsp;? Rien que dans le d\u00e9partement de l\u2019Aveyron, connu pour avoir abrit\u00e9 les fameux Rut\u00e8nes libres (ceux-l\u00e0 m\u00eames qui r\u00e9sist\u00e8rent le plus longtemps aux troupes de C\u00e9sar et qui fournirent un contingent de 6.000 archers \u00e0 la bataille d\u2019Al\u00e9sia), nous d\u00e9nombrons pas moins de soixante-huit villages ayant une terminaison en \u00ab&nbsp;ac&nbsp;\u00bb, \u00e0 l\u2019instar de Najac, Toulonjac, Lunac, Camjac, Ceignac, etc\u2026 A cela, une explication toute simple : le suffixe \u00ab&nbsp;ac&nbsp;\u00bb d\u00e9rive du celte \u00ab&nbsp;acos&nbsp;\u00bb, mot se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 un \u00ab&nbsp;lieu habit\u00e9&nbsp;\u00bb, d\u2019o\u00f9 ce grand nombre de toponymes se terminant par \u00ab&nbsp;ac&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p class=\"western\">Dans sa Guerre des Gaules, Jules C\u00e9sar ne se contente pas de nous d\u00e9crire les nombreuses batailles qui oppos\u00e8rent les Romains aux Celtes&nbsp;; il nous parle aussi de ce qu\u2019il voit autour de lui. C\u2019est ainsi que nous apprenons l\u2019existence, en Gaule, de \u00ab&nbsp;vici&nbsp;\u00bb (terme utilis\u00e9 pour les bourgs ou les villages), de \u00ab&nbsp;castella&nbsp;\u00bb (petites places fortes avec une \u00e9bauche de ce qui sera, plus tard, nos futurs ch\u00e2teaux) et des \u00ab&nbsp;oppida&nbsp;\u00bb (v\u00e9ritables villes fortifi\u00e9es). Les \u00ab&nbsp;vici&nbsp;\u00bb \u00e9taient constitu\u00e9s de maisons essentiellement faites de bois. Loin d\u2019\u00eatre rudimentaires, ces constructions \u00e9taient le r\u00e9sultat d\u2019un travail artisanal tr\u00e8s soign\u00e9 et tr\u00e8s technique, surtout au niveau des charpentes, v\u00e9ritables chefs-d\u2019\u0153uvre d\u2019architecture que n\u2019auraient pas reni\u00e9s nos artisans-compagnons les plus dou\u00e9s. De plus, ces habitations pr\u00e9sentaient un confort bien sup\u00e9rieur \u00e0 celui des froids palais de pierre romains. Les \u00ab&nbsp;castella&nbsp;\u00bb, pour leur part, \u00e9taient de v\u00e9ritables r\u00e9sidences princi\u00e8res. Si l\u2019on en juge par les restes retrouv\u00e9s sous le tertre 4 de la Heuneburg, pr\u00e9sentant un \u00e9difice de 300 m\u00b2 divis\u00e9 en 7 pi\u00e8ces, ces demeures \u00e9taient particuli\u00e8rement confortables. Leur emplacement isol\u00e9 dans les campagnes exigeait, n\u00e9anmoins, qu\u2019on les place au milieu d\u2019un quadrilat\u00e8re ferm\u00e9 par une ou plusieurs palissades et entour\u00e9 de foss\u00e9s. Quant aux \u00ab&nbsp;oppida&nbsp;\u00bb, il s\u2019agissait d\u2019enceintes fortifi\u00e9es pouvant accueillir un grand nombre d\u2019habitants. Contrairement aux \u00ab&nbsp;urbs&nbsp;\u00bb qui \u00e9taient des villes ouvertes, la destination premi\u00e8re des oppida \u00e9tait d\u2019offrir un asile aux habitants des alentours et \u00e0 leur b\u00e9tail, en cas de raids ennemis. Toutefois, l\u2019oppidum devint rapidement un&nbsp;lieu occup\u00e9 en permanence, comprenant en son sein des maisons construites sur un plan rectangulaire avec un niveau \u00e0 demi-souterrain auquel on acc\u00e9dait par un escalier int\u00e9rieur de plusieurs marches. Les oppida, qui pouvaient couvrir plusieurs centaines d\u2019hectares, furent ainsi de v\u00e9ritables villes fortifi\u00e9es aux populations plus ou moins importantes d\u00e9passant, parfois, les 100.000 \u00e2mes. Ce fut notamment le cas de l\u2019oppidum de Bratuspantium. Occup\u00e9 par la tribu celte des Bellovaques, ces derniers, lors du soul\u00e8vement de la Gaule, promirent une arm\u00e9e de dix mille hommes et \u00e9taient r\u00e9put\u00e9s pouvoir fournir jusqu\u2019\u00e0 cent mille guerriers, ce qui laisse pr\u00e9sumer de l\u2019\u00e9tendue de cet oppidum\u2026 D\u2019autres oppida rivalis\u00e8rent de grandeur, comme \u00e0 Avaricum (Bourges) o\u00f9 la seule activit\u00e9 artisanale, consacr\u00e9e essentiellement aux m\u00e9taux, couvrait, comme \u00e0 Lyon, une superficie sup\u00e9rieure \u00e0 un kilom\u00e8tre carr\u00e9. Mais plus remarquable encore \u00e9tait l\u2019enceinte des oppida, haute de six m\u00e8tres et pratiquement indestructible puisque certains de ces murs ont travers\u00e9 les si\u00e8cles sans encombre pour parvenir jusqu\u2019\u00e0 nous. Jules C\u00e9sar, lui-m\u00eame, fut rempli d\u2019admiration devant ce type de construction, au point qu\u2019il nous en livra une description des plus pr\u00e9cises&nbsp;:<\/p>\n<p class=\"western\">\u00ab&nbsp;Voici du reste, le mode de construction ordinaire des murailles gauloises. Des poutres, d\u2019une seule pi\u00e8ce en&nbsp;longueur, sont pos\u00e9es sur le sol, d\u2019\u00e9querre avec la direction du mur et \u00e0 la distance de deux pieds les unes des autres&nbsp;; puis on les relie, dans l\u2019\u0153uvre, par des traverses, et on les rev\u00eat enti\u00e8rement de terre, \u00e0 l\u2019exception du parement qui est form\u00e9 de grosses pierres log\u00e9es dans les intervalles dont nous venons de parler.<\/p>\n<p class=\"western\">Ce premier rang solidement \u00e9tabli, on \u00e9l\u00e8ve par-dessus un deuxi\u00e8me rang semblable, dispos\u00e9 de mani\u00e8re que les poutres ne touchent pas celles du rang inf\u00e9rieur, mais qu\u2019elles n\u2019en soient s\u00e9par\u00e9es que par le m\u00eame intervalle de deux pieds, dans lequel on encastre pareillement des blocs de pierre bien ajust\u00e9s. On continue toujours de m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 ce que le mur ait atteint la hauteur voulue. Ce genre d\u2019ouvrage avec ses pierres et ses poutres altern\u00e9es r\u00e9guli\u00e8rement fait un ensemble qui n\u2019est point d\u00e9sagr\u00e9able \u00e0 l\u2019\u0153il&nbsp;; il est, de plus, parfaitement adapt\u00e9 \u00e0 la d\u00e9fense des places, attendu que la pierre y pr\u00e9serve le bois de l\u2019incendie, et que les poutres, longues souvent de quarante pieds et reli\u00e9es entre elles, dans l\u2019\u00e9paisseur du mur, ne peuvent \u00eatre bris\u00e9es ni d\u00e9tach\u00e9es par le b\u00e9lier.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p class=\"western\">Par contre, C\u00e9sar omet de dire que des clous et autres chevilles de fer \u00e9taient employ\u00e9s dans l\u2019\u00e9dification de la muraille. Et ces pi\u00e8ces avaient ceci de particulier qu\u2019elles avaient \u00e9t\u00e9 forg\u00e9es dans le fer le plus pur et qu\u2019elles \u00e9taient presque inattaquables \u00e0 la rouille. Autre caract\u00e9ristique concernant les clous, \u00e0 t\u00eate carr\u00e9e&nbsp;: ils provenaient tous d\u2019une seule fabrique, puisqu\u2019on les retrouva, dans leur forme parfaitement identique et issus du m\u00eame minerai de fer, dans tous les oppida de la Gaule.<\/p>\n<p class=\"western\">Concernant toujours les oppida, il nous faut encore observer que les murs d\u2019enceinte \u00e9taient, partout en Gaule, construits sur un mod\u00e8le unique. Ce qui signifie que des r\u00e8gles d\u2019\u00e9dification avaient \u00e9t\u00e9 \u00e9tablies et qu\u2019elles furent, ensuite, respect\u00e9es sur tout le territoire gaulois, malgr\u00e9 la diversit\u00e9 des tribus et des diff\u00e9rends pouvant exister entre elles. Or, une seule caste \u00e9tait capable d\u2019imposer sa volont\u00e9 \u00e0 tous les peuples celtes&nbsp;: la caste des druides.<\/p>\n<p class=\"western\">Enfin, pour en terminer avec la technologie gauloise, nous nous contenterons de signaler quelques inventions relev\u00e9es par Pline l\u2019Ancien et dont nous ne pourrions pas nous passer aujourd\u2019hui&nbsp;:<\/p>\n<p class=\"western\">&#8211; le savon que les Celtes, tr\u00e8s attach\u00e9s \u00e0 la propret\u00e9, avaient d\u2019abord mis au point \u00e0 partir de suif ou de cendres,<\/p>\n<p class=\"western\">&#8211; et les matelas et les lits rembourr\u00e9s qui \u00e9taient issus de l\u2019esprit inventif des Gaulois.<\/p>\n<p class=\"western\">Avec les Celtes se d\u00e9veloppa une autre pratique&nbsp;: l\u2019inhumation. Durant l\u2019\u00e2ge du bronze, les peuples avaient pour habitude d\u2019incin\u00e9rer leurs morts. Mais, \u00e0 partir de 900 avant J\u00e9sus-Christ, cette coutume fut peu \u00e0 peu abandonn\u00e9e par les Celtes pour pratiquement dispara\u00eetre. Durant tout l\u2019\u00c2ge du Fer, on vit pousser des tertres artificiels, faits de terre ou de pierre, qui \u00e9taient autant de s\u00e9pultures. De nos jours, certains de ces tumuli sont encore visibles, et par centaines \u00e0 certains endroits. L\u2019exploration de ces tombes a justement permis aux arch\u00e9ologues d\u2019en conna\u00eetre un peu plus sur nos anc\u00eatres, car les d\u00e9funts \u00e9taient g\u00e9n\u00e9ralement enterr\u00e9s avec des objets leur ayant appartenu, comme leurs armes. C\u2019est ainsi que furent d\u00e9couvertes de nombreuses \u00e9p\u00e9es de fer, ordinairement longues de 75 \u00e0 85 cm, plus exceptionnellement d\u2019un m\u00e8tre de long. Outre les \u00e9p\u00e9es, les lances et autres boucliers, prenaient place \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la personne disparue des rasoirs, des bracelets, des torques et toutes sortes de bijoux (dans les tombes f\u00e9minines). Ce qui d\u00e9montre, d\u2019une part, la place importante qu\u2019occupait la femme dans la soci\u00e9t\u00e9 celtique et, d\u2019autre part, une certaine aisance du peuple celte qui donnait de l\u2019ouvrage \u00e0 ses nombreux artisans. Dans les s\u00e9pultures les plus riches, notamment les tombes princi\u00e8res, les d\u00e9funts \u00e9taient ensevelis dans leur costume d\u2019apparat (avec leurs magnifiques parures) et reposaient, bien souvent, dans un char massif \u00e0 quatre roues, dit char processionnel. Du mobilier \u00e9tait \u00e9galement dispos\u00e9 avec un service \u00e0 boire et \u00e0 banqueter, sans oublier l\u2019harnachement du cheval du d\u00e9funt, ce qui nous permet d\u2019imaginer la taille que pouvaient pr\u00e9senter certaines chambres fun\u00e9raires (celle de Vix, en C\u00f4te-d\u2019Or, atteignait quatre m\u00e8tres de c\u00f4t\u00e9).<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Ce bref aper\u00e7u du proc\u00e9d\u00e9 de l\u2019inhumation chez les Gaulois nous donne quelques indications sur leurs vie et m\u0153urs. La pr\u00e9sence des \u00e9p\u00e9es, par exemple, nous indique clairement la place qu\u2019occupait le combat dans leur vie. Il est vrai que, chez les Celtes, chaque homme libre \u00e9tait astreint au service militaire. Au moment de partir en guerre, on convoquait tous les hommes en \u00e9tat de porter les armes, et malheur \u00e0 celui qui r\u00e9pondait le dernier \u00e0 cet appel imp\u00e9rieux. Lorsqu\u2019ils ne d\u00e9fendaient pas leur propre territoire, il arrivait aux Celtes de louer leurs services en tant que mercenaires. C\u2019est ainsi qu\u2019en 369 avant J\u00e9sus-Christ, l\u2019arm\u00e9e envoy\u00e9e au secours des Spartiates comptait dans ses rangs de nombreux fantassins celtes, et que Philippe V, roi de Mac\u00e9doine, pouvait s\u2019enorgueillir d\u2019avoir, en plus de ses phalanges, des cavaliers galates&nbsp;; jusqu\u2019\u00e0 la reine \u00e9gyptienne Cl\u00e9op\u00e2tre qui eut recours aux gaulois pour former sa garde rapproch\u00e9e. Dans la bataille, les Celtes se battaient avec fureur, parfois m\u00eame avec sauvagerie. Couper la t\u00eate de leurs ennemis tu\u00e9s \u00e9tait, pour eux, une pratique courante. Ils rapportaient ensuite chez eux ces troph\u00e9es ensanglant\u00e9s, suspendus \u00e0 l\u2019encolure de leurs chevaux ou enfonc\u00e9s au bout de leurs lances, ce qui peut para\u00eetre, de nos jours, comme un acte de pure barbarie. Toutefois, il faut se replacer dans le contexte de l\u2019\u00e9poque pour bien comprendre que ce sont les temps qui voulaient \u00e7a. Les Romains, de leur c\u00f4t\u00e9, n\u2019h\u00e9sitaient pas \u00e0 faire pire, usant m\u00eame de tortures tr\u00e8s raffin\u00e9es quand le temps leur en \u00e9tait laiss\u00e9. Ce qui, par contre, distinguait les Gaulois des autres peuplades, c\u2019\u00e9tait un sens de l\u2019honneur pouss\u00e9 \u00e0 l\u2019extr\u00eame. Par exemple, lorsque les Celtes \u00e9taient vaincus, ils n\u2019h\u00e9sitaient pas \u00e0 retourner leurs armes contre eux-m\u00eames, plut\u00f4t que d\u2019avoir \u00e0 supporter l\u2019humiliation de la d\u00e9faite ou de voir leur libert\u00e9 confisqu\u00e9e. Le groupe sculpt\u00e9 de la villa Ludovisi, repr\u00e9sentant un Gaulois se tuant (ou Brennos lui-m\u00eame), en est l\u2019illustration parfaite. De la m\u00eame mani\u00e8re, ils s\u2019avan\u00e7aient, l\u2019arme \u00e0 la main, au-devant des vagues qui venaient submerger leurs territoires c\u00f4tiers \u2013 ce qui se produisit notamment lors de l\u2019effondrement de la Bretagne mar\u00e9cageuse qui fut \u00e0 l\u2019origine de l\u2019engloutissement des villes de Gesocribate, d\u2019Occismor ou de Regina \u2013 acceptant sans broncher de p\u00e9rir engloutis par les eaux, seul moyen pour eux d\u2019\u00e9chapper \u00e0 la honte d\u2019une fuite. Ephore de Cym\u00e9, c\u00e9l\u00e8bre historien n\u00e9 vers 400 avant J\u00e9sus-Christ et connu pour son \u00ab&nbsp;Histoire universelle des grecs et autres peuples depuis le retour des H\u00e9raclides&nbsp;\u00bb, faisait d\u2019ailleurs \u00e9tat de ces Celtes sans cesse repouss\u00e9s par la mer. Il pr\u00e9cisa que, chez ces peuples, l\u2019eau faisait davantage de victimes que les guerres elles-m\u00eames. Et combien de Gaulois brav\u00e8rent les incendies ou se refus\u00e8rent \u00e0 \u00e9viter la chute d\u2019un mur pour ne pas \u00eatre d\u00e9shonor\u00e9s&nbsp;? C\u2019est encore ce sens de l\u2019honneur qui poussa les Allobroges \u00e0 refuser de livrer aux Romains les princes des Salyi (ancien peuple de la Provence) qui avaient trouv\u00e9 refuge chez eux.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Autant les Celtes \u00e9taient farouches au combat, autant ils \u00e9taient hospitaliers lorsque les armes avaient cess\u00e9 de parler. Du reste, la porte de leur maison \u00e9tait toujours ouverte, et le passant \u00e9tait assur\u00e9 d\u2019y trouver le g\u00eete et le couvert. Accueillir un \u00e9tranger \u00e9tait regard\u00e9, par les Gaulois, comme un bienfait des dieux.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Autre sp\u00e9cificit\u00e9 du peuple Gaulois&nbsp;: le respect des femmes. Ces derni\u00e8res \u00e9taient si hautement consid\u00e9r\u00e9es qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas rare de les voir participer aux conseils et donner leur avis. On faisait \u00e9galement appel \u00e0 elles pour juger les diff\u00e9rends opposant des chefs ou des tribus. De sorte qu\u2019il arriva que des tribunaux soient enti\u00e8rement constitu\u00e9s de femmes. D\u2019apr\u00e8s Plutarque, le jugement des femmes fut sollicit\u00e9 apr\u00e8s leur intervention dans une terrible affaire qui faillit voir s\u2019affronter deux arm\u00e9es gauloises&nbsp;: \u00ab&nbsp;Avant la conqu\u00eate de la Cisalpine par les Gaulois, il y eut chez eux une terrible guerre civile. Les femmes s\u2019avanc\u00e8rent au milieu des arm\u00e9es et, prenant le r\u00f4le d\u2019arbitres, r\u00e9concili\u00e8rent les parties en pr\u00e9sence. Depuis lors, les Celtes n\u2019ont pas cess\u00e9, quand ils d\u00e9lib\u00e8rent sur la paix et la guerre, d\u2019admettre leurs femmes au conseil et de faire r\u00e9gler par leur arbitrage les contestations qu\u2019ils ont avec leurs alli\u00e9s.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Pour \u00eatre attentives \u00e0 maintenir la paix, les femmes n\u2019en \u00e9taient pas moins capables de prendre part aux combats. On se souvient notamment du r\u00f4le jou\u00e9 par les femmes Helv\u00e8tes dans la d\u00e9fense de retranchements contre les Romains. Et que dire de cette femme gauloise dont l\u2019historien Ammien Marcellin nous dresse le portrait, alors qu\u2019elle est venue pr\u00eater main-forte \u00e0 son mari engag\u00e9 dans une querelle&nbsp;? Il nous la montre \u00ab&nbsp;verd\u00e2tre, le cou gonfl\u00e9, fr\u00e9missante, balan\u00e7ant ses bras blancs \u00e9normes, jouant des pieds et lan\u00e7ant ses poings comme des catapultes chass\u00e9es par la corde enroul\u00e9e.&nbsp;\u00bb Les femmes celtes \u00e9taient assur\u00e9ment courageuses et n\u2019h\u00e9sitaient pas \u00e0 accompagner leurs \u00e9poux \u00e0 la guerre, voire \u00e0 les encourager &#8211; jusqu\u2019\u00e0 les exciter &#8211; dans la bataille.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Dans la vie courante, donc sortis du contexte des combats, les Gaulois \u00e9taient, comme nous l\u2019avons vu, des agriculteurs accomplis. Le travail de la mine ne leur \u00e9tait pas non plus inconnu et ils extrayaient de la terre (en plus du sel) divers m\u00e9taux, \u00e0 l\u2019instar du fer, du cuivre, de l\u2019argent et de l\u2019or. Ces m\u00e9taux \u00e9taient ensuite travaill\u00e9s par des artisans aux mains expertes, qu\u2019ils soient forgerons ou orf\u00e8vres. Mais la production gauloise n\u2019\u00e9tait pas destin\u00e9e qu\u2019aux seuls Gaulois, ces derniers ayant parfaitement int\u00e9gr\u00e9 le principe des \u00e9changes, lesquels s\u2019effectuaient dans un axe nord-sud allant de la Baltique jusqu\u2019\u00e0 l\u2019Adriatique. Parmi les produits que recevaient les Gaulois se trouvaient le vin des Etrusques et l\u2019ambre des Germains. L\u2019ambre \u00e9tait particuli\u00e8rement pris\u00e9 des Gaulois qui en faisaient des bijoux port\u00e9s par toute la population et principalement par les enfants, les colliers r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 partir des \u00ab&nbsp;larmes d\u2019Apollon&nbsp;\u00bb \u00e9tant cens\u00e9s les prot\u00e9ger des maladies. Cet ambre provenait essentiellement de l\u2019\u00eele d\u2019Abalum, sur la c\u00f4te orientale de la Baltique, dont le nom n\u2019est pas sans rappeler l\u2019\u00eele d\u2019Avallon de la l\u00e9gende arthurienne&nbsp;; l\u2019\u00e9tymologie de ces deux \u00eeles faisant r\u00e9f\u00e9rence au pommier, l\u2019arbre de la connaissance par excellence.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Les bijoux \u00e9voqu\u00e9s plus haut nous rappellent que les Celtes, qu\u2019ils soient hommes ou femmes, portaient g\u00e9n\u00e9ralement des bracelets, des anneaux ou encore des torques, ces derniers \u00e9tant symboles de puissance, voire de commandement lorsqu\u2019ils \u00e9taient en or. L\u2019habillement des Gaulois, constitu\u00e9 principalement d\u2019un pantalon, d\u2019une tunique et d\u2019une saie port\u00e9e sur l\u2019\u00e9paule, leur permettait d\u2019agr\u00e9menter leurs v\u00eatements d\u2019objets tels que des boucles de ceinturon finement d\u00e9cor\u00e9es ou des fibules (agrafes de m\u00e9tal) cisel\u00e9es avec tout autant de soin. Il s\u2019agissait d\u2019un v\u00e9ritable travail d\u2019orf\u00e8vre &#8211; mis \u00e9galement au service des casques, des boucliers et des fourreaux des \u00e9p\u00e9es &#8211; dans lequel les artisans celtes exprimaient tout l\u2019art de leur peuple. Spirales, swastikas et autres entrelacements venaient prendre place aux c\u00f4t\u00e9s de personnages ou d\u2019animaux parfois fabuleux. Pour \u00eatre esth\u00e9tiques, ces motifs n\u2019en avaient pas moins un sens, car l\u2019art celte, tout comme l\u2019art am\u00e9rindien, n\u2019\u00e9tait pas un art \u00ab&nbsp;gratuit&nbsp;\u00bb. Chaque composition devait d\u00e9livrer un message en tant que repr\u00e9sentation d\u2019un savoir. Il est donc primordial d\u2019\u00e9tudier d\u2019un peu plus pr\u00e8s cet art celte, lequel nous permettra d\u2019entrevoir quelques joyaux de leur culture.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">A l\u2019\u00e9poque qui nous int\u00e9resse, l\u2019art se d\u00e9clinait principalement sous forme statuaire. De sorte que l\u2019on a longtemps consid\u00e9r\u00e9 que les Grecs et les Romains, par exemple, surpassaient les Celtes dans ce domaine. C\u2019est oublier que les artistes celtes ont, eux aussi, produit des statues de qualit\u00e9, et ce, d\u00e8s le VI\u00e8me si\u00e8cle avant notre \u00e8re. Bien qu\u2019ils n\u2019avaient pas pour habitude de repr\u00e9senter la divinit\u00e9 \u2013 comment \u00e9tait-il possible de mat\u00e9rialiser un principe abstrait&nbsp;? \u2013 ils ont fa\u00e7onn\u00e9 dans la pierre des personnages grandeur nature. A partir de l\u2019occupation romaine, les Gallo-Romains se sont risqu\u00e9s \u00e0 personnifier des aspects du principe divin, sans toutefois perdre de vue ce savoir qui leur venait tout droit de leurs anc\u00eatres. Ainsi, est-ce avec un certain bonheur qu\u2019ils ont r\u00e9alis\u00e9 des autels et autres bustes. Si peu de ces chefs-d\u2019\u0153uvre sont parvenus jusqu\u2019\u00e0 nous, \u00e0 cause de la destruction syst\u00e9matique par les Chr\u00e9tiens des statues pa\u00efennes, quelques-unes de ces cr\u00e9ations ont miraculeusement \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 l\u2019obscurantisme religieux. C\u2019est notamment le cas d\u2019un autel du II\u00e8me si\u00e8cle de notre \u00e8re d\u00e9couvert en 1837 et visible au Mus\u00e9e Saint-R\u00e9mi de Reims. L\u2019autel en question repr\u00e9sente un dieu cornu entour\u00e9 de deux personnages qui ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s comme \u00e9tant Apollon et Herm\u00e8s. Si l\u2019influence greco-romaine est ici certaine, le dieu cornu est, quant \u00e0 lui, d\u2019inspiration celtique. Il suffit, pour s\u2019en convaincre, d\u2019observer le torque qu\u2019il porte \u00e0 son cou. On aurait pu s\u2019interroger sur le nom de ce personnage si, le 16 mars 1711, n\u2019avait \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 jour, dans un mur de fondation de la cath\u00e9drale Notre-Dame de Paris, le fameux \u00ab&nbsp;Pilier des Nautes&nbsp;\u00bb. Cette colonne, dat\u00e9e du 1<sup>er<\/sup> si\u00e8cle apr\u00e8s J.-C., est, en fait, constitu\u00e9e de quatre blocs, ou autels, dont l\u2019un d\u2019eux pr\u00e9sente, sur une face, un buste humain et cornu avec, au-dessus, l\u2019inscription de \u00ab&nbsp;CERNUNNOS&nbsp;\u00bb. Il s\u2019agit du dieu-cerf, souvent repr\u00e9sent\u00e9 assis en tailleur (ou en position de Bouddha), ma\u00eetre de la v\u00e9g\u00e9tation. C\u2019est sans doute pour cette raison que, sur l\u2019autel de Reims, il est figur\u00e9 en train de nourrir un taureau et un cerf \u00e0 l\u2019aide de graines qu\u2019il fait sortir de son sac. On notera que Cernunnos \u00e9tait parfois sculpt\u00e9 sous une forme tric\u00e9phale, forme que nous retrouvons sur un autre autel conserv\u00e9 par le mus\u00e9e de Reims, d\u00e9cid\u00e9ment riche en trouvailles arch\u00e9ologiques. La t\u00eate tric\u00e9phale (\u00e0 laquelle peut \u00eatre associ\u00e9 le trisk\u00e8le relevant du m\u00eame symbolisme), nous parle d\u2019une trinit\u00e9 de dieux gaulois qui n\u2019\u00e9taient autres que Taranis, Teutat\u00e8s et Esus, divinit\u00e9s que nous verrons un peu plus loin. Ces trois faces d\u2019une m\u00eame t\u00eate nous ram\u00e8nent aussi aux trois plans d\u2019une seule \u00e9nergie et, d\u2019un point de vue trinitaire, \u00e0 l\u2019union du corps, de l\u2019\u00e2me et de l\u2019esprit.<\/p>\n<p align=\"justify\"><a href=\"https:\/\/www.pagans.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Hallein_Keltenmuseum_-_Feldzeichen_cropped.jpg\" rel=\"wp-prettyPhoto[6683]\"><img loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-6685 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.pagans.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Hallein_Keltenmuseum_-_Feldzeichen_cropped-300x205.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"205\" srcset=\"https:\/\/www.pagans.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Hallein_Keltenmuseum_-_Feldzeichen_cropped-300x205.jpg 300w, https:\/\/www.pagans.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Hallein_Keltenmuseum_-_Feldzeichen_cropped-768x524.jpg 768w, https:\/\/www.pagans.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Hallein_Keltenmuseum_-_Feldzeichen_cropped-1024x699.jpg 1024w, https:\/\/www.pagans.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Hallein_Keltenmuseum_-_Feldzeichen_cropped-600x410.jpg 600w, https:\/\/www.pagans.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Hallein_Keltenmuseum_-_Feldzeichen_cropped.jpg 1475w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Dans un registre plus artisanal, nous remarquons que les divers r\u00e9cipients utilis\u00e9s par les Celtes faisaient l\u2019objet de d\u00e9corations bien particuli\u00e8res, \u0153uvres de v\u00e9ritables artistes. L\u00e0 encore, il n\u2019y avait pas de place pour l\u2019improvisation. Le symbolisme \u00e9tait omnipr\u00e9sent et offert \u00e0 la vue de tous, dans le but \u00e9vident de transmettre une connaissance qu\u2019on ne pouvait d\u00e9couvrir autrement, en absence de tout texte. Les \u0153nocho\u00e9s, tout d\u2019abord, pr\u00e9sentaient un d\u00e9cor le plus souvent fantastique, principalement au niveau de l\u2019anse. Pour r\u00e9aliser ces cruches \u00e0 vin, tout en bronze, leurs auteurs faisaient preuve d\u2019une grande dext\u00e9rit\u00e9 et utilisaient une haute technologie qui ferait l\u2019admiration de nos plus modernes ma\u00eetres-bronziers. Il en allait de m\u00eame pour les situles, ces vases de bronze enti\u00e8rement d\u00e9cor\u00e9s de frises mettant en sc\u00e8ne des personnages et\/ou des animaux. Or, tant les \u0153nocho\u00e9s que les situles remontaient au VI\u00e8me si\u00e8cle avant notre \u00e8re&nbsp;! Pour rester dans les r\u00e9cipients, nous allons maintenant parler du fameux chaudron de Gundestrup, v\u00e9ritable chef-d\u2019\u0153uvre. Datant du 1<sup>er<\/sup> si\u00e8cle avant J\u00e9sus-Christ, il fut d\u00e9couvert dans une tourbi\u00e8re du Jutland au Danemark. Conserv\u00e9 au Mus\u00e9e de Copenhague, il n\u2019en est pas moins de facture gauloise, comme en attestent de nombreux motifs relatifs \u00e0 la Gaule. Le lecteur pourra sans doute s\u2019\u00e9tonner que cet objet soit parvenu jusqu\u2019au Danemark. La raison de sa pr\u00e9sence en ce lieu est pourtant toute simple. Souvenons-nous, en effet, que les Gaulois importaient de grosses quantit\u00e9s d\u2019ambre, une r\u00e9sine fossile qui provenait justement des plages du Jutland. Il y a donc fort \u00e0 parier que ce magnifique chaudron d\u2019argent ait servi de monnaie d\u2019\u00e9change. Mais \u00e9tudions de plus pr\u00e8s cet objet. Le chaudron de Gundestrup mesure 69 cm de diam\u00e8tre et sa profondeur est de 21 cm. Il est enti\u00e8rement recouvert, tant ext\u00e9rieurement qu\u2019int\u00e9rieurement, de reliefs au nombre de 13. Il est donc constitu\u00e9 de treize plaques supportant, chacune, une sc\u00e8ne diff\u00e9rente. La premi\u00e8re de ces plaques nous montre des fantassins et des cavaliers gaulois reconnaissables, les uns \u00e0 leurs longs boucliers ovales avec umbo, les autres \u00e0 leurs casques surmont\u00e9s de la rouelle, de cornes, d\u2019un sanglier ou d\u2019un oiseau. Ils sont suivis par des musiciens soufflant dans un carnyx (trompette \u00e0 gueule de fauve). S\u2019il ne peut y avoir de doute sur l\u2019origine des guerriers repr\u00e9sent\u00e9s, on reste, par contre, plus que circonspect devant l\u2019interpr\u00e9tation \u00ab&nbsp;officielle&nbsp;\u00bb relative au plus grand personnage pr\u00e9cipitant un homme la t\u00eate la premi\u00e8re dans un vaste vase. D\u2019apr\u00e8s les sp\u00e9cialistes, il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019un sacrifice humain. Cependant, ils s\u2019\u00e9tonnent du mode sacrificiel, celui-ci n\u2019\u00e9tant pas propre aux Celtes mais aux\u2026 Germains&nbsp;! Si les Celtes n\u2019employaient pas cette m\u00e9thode pour sacrifier leurs victimes, alors pourquoi s\u2019ent\u00eater \u00e0 d\u00e9crire cette sc\u00e8ne d\u2019une fa\u00e7on erron\u00e9e&nbsp;? Ce faisant, on fait preuve \u00e9galement d\u2019une m\u00e9connaissance totale de la mythologie celtique. Ce vase dans lequel on plonge l\u2019individu, n\u2019est-ce pas plut\u00f4t le chaudron de Br\u00e2n&nbsp;? Dans ce cas, nous ne sommes pas en pr\u00e9sence d\u2019un r\u00e9cipient qui donne la mort mais, au contraire, ressuscite les morts&nbsp;! Ce qui se con\u00e7oit parfaitement, vu que le mythe du chaudron (ou du vase ou de la coupe) a toujours \u00e9t\u00e9 associ\u00e9 au myst\u00e8re de la r\u00e9surrection, que ce soit avant ou apr\u00e8s J\u00e9sus-Christ. Et ce n\u2019est pas la l\u00e9gende arthurienne du Saint Graal qui nous contredira. Avec la plaque num\u00e9ro 4, nous nous retrouvons en pays connu. Outre plusieurs animaux, celle-ci nous pr\u00e9sente Cernunnos coiff\u00e9 de sa ramure de cerf. De sa main droite, il tient un torque, alors que les doigts de sa main gauche serrent le cou d\u2019un serpent \u00e0 t\u00eate de b\u00e9lier. Nous ne reviendrons pas sur le symbolisme de Cernunnos dont le bestiaire qui l\u2019entoure nous ram\u00e8ne, encore une fois, \u00e0 ses rapports \u00e9troits avec la nature. Cependant, le serpent auquel il est tr\u00e8s souvent associ\u00e9, nous conduit \u00e0 penser que Cernunnos \u00e9tait peut-\u00eatre aussi une divinit\u00e9 chtonienne. Avant de laisser cette plaque, nous remarquerons le personnage chevauchant un dauphin. Il est vrai que les Celtes entretenaient de tr\u00e8s bons rapports avec ces mammif\u00e8res marins. D\u2019ailleurs, les Gaulois de la M\u00e9diterran\u00e9e avaient coutume de les utiliser pour la p\u00eache. Les dauphins rabattaient le poisson dans les filets des p\u00eacheurs et, en remerciement pour leurs services, les gaulois leur abandonnaient une partie de leurs prises et leur donnaient du pain tremp\u00e9 dans du vin dont, para\u00eet-il, ils raffolaient. La plaque num\u00e9ro 3 a, quant \u00e0 elle, laiss\u00e9 les chercheurs dans l\u2019expectative. Sophus M\u00fcller y a vu le buste de la d\u00e9esse du soleil entour\u00e9 par des \u00e9l\u00e9phants et des griffons. Par contre, il n\u2019a pas compris le sens de ce qu\u2019il prend pour deux roues \u00e0 six rayons. En fait de roues, il s\u2019agit de \u00ab&nbsp;fleurs de vie&nbsp;\u00bb, un symbole presque aussi vieux que le monde et que l\u2019on retrouve de l\u2019Inde au Pays Basque. Nous ne nous \u00e9talerons pas sur le sens de ce symbole qui a \u00e9t\u00e9 longuement expliqu\u00e9 dans plusieurs ouvrages. Que le lecteur sache, cependant, que la Fleur de Vie est li\u00e9e au myst\u00e8re de l\u2019incarnation. Enfin, les griffons sont l\u00e0 pour nous parler d\u2019Alchimie, de l\u2019union des deux natures contraires (du fixe et du volatil), prouvant ainsi l\u2019immense \u00e9tendue du savoir des druides, lesquels avaient sans doute donn\u00e9 des consignes bien pr\u00e9cises au g\u00e9nial ciseleur du chaudron de Gundestrup. D\u2019autres plaques m\u00e9riteraient certainement d\u2019\u00eatre d\u00e9crites et analys\u00e9es, mais cette t\u00e2che nous entra\u00eenerait trop loin de notre propos.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Pour clore le chapitre sur l\u2019art celte, nous parlerons d\u2019un dernier objet&nbsp;: le miroir de Desborough. Son dos est une v\u00e9ritable merveille o\u00f9 des motifs relativement complexes se refl\u00e8tent d\u2019un c\u00f4t\u00e9 \u00e0 l\u2019autre \u00e0 partir d\u2019une ligne centrale invisible. En outre, les figures repr\u00e9sent\u00e9es semblent \u00eatre les m\u00eames, sauf qu\u2019elles se r\u00e9p\u00e8tent \u00e0 une \u00e9chelle diff\u00e9rente. Il faut se rendre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence, nous sommes en pr\u00e9sence d\u2019une fractale, soit d\u2019un objet math\u00e9matique trouvant ses r\u00e8gles dans la fragmentation (la structure gigogne pouvant \u00eatre une autre d\u00e9finition). Le probl\u00e8me est que le terme de \u00ab&nbsp;fractale&nbsp;\u00bb n\u2019a \u00e9t\u00e9 invent\u00e9 qu\u2019en 1974, alors que notre miroir remonte au 1<sup>er<\/sup> si\u00e8cle avant J\u00e9sus-Christ\u2026<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">De l\u2019art celte nous passons naturellement \u00e0 la mythologie celtique, le premier n\u2019\u00e9tant que l\u2019expression figur\u00e9e de la seconde. Cette mythologie, d\u2019une richesse incomparable, va nous plonger au c\u0153ur de croyances s\u00e9culaires et nous amener \u00e0 la rencontre d\u2019\u00e9tonnantes r\u00e9v\u00e9lations.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Au risque de nous r\u00e9p\u00e9ter, rappelons que les Celtes vivaient en parfaite harmonie avec la nature. Il n\u2019y a donc rien de surprenant \u00e0 ce qu\u2019ils aient conserv\u00e9 de nombreuses traditions des hommes du N\u00e9olithique, voire du M\u00e9solithique, comme un v\u00e9ritable culte pour les eaux et les mondes min\u00e9ral, v\u00e9g\u00e9tal et animal. Ainsi, sources, fontaines et ruisseaux \u00e9taient v\u00e9n\u00e9r\u00e9s, de m\u00eame que les fleuves et les rivi\u00e8res dont certaines portaient les noms de \u00ab&nbsp;Deva&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;Devona&nbsp;\u00bb, ces termes signifiant \u00ab&nbsp;la divine&nbsp;\u00bb. Les arbres faisaient l\u2019objet d\u2019une d\u00e9votion similaire, notamment le ch\u00eane (Robur) et le pommier (Abellio). D\u2019apr\u00e8s Pline l\u2019Ancien, les druides croyaient que la pr\u00e9sence du gui r\u00e9v\u00e9lait celle du dieu sur l\u2019arbre qui le portait. Par cons\u00e9quent, ce n\u2019est pas sans c\u00e9r\u00e9monie qu\u2019ils cueillaient cette plante parasite, devenue symbole d\u2019\u00e9ternit\u00e9 et de l\u2019immortalit\u00e9 de l\u2019\u00e2me humaine. Les animaux, \u00e0 l\u2019instar du cheval, du taureau, du sanglier, de l\u2019aigle et du corbeau, \u00e9taient aussi ador\u00e9s. Du reste, leur effigie figurait sur de nombreuses pi\u00e8ces gauloises. Le chien, quant \u00e0 lui, \u00e9tait l\u2019animal b\u00e9n\u00e9fique par excellence. Sa fonction psychopompe lui permettait, en effet, de guider les d\u00e9funts dans le passage sombre de la mort.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Les m\u00e9galithes, que l\u2019on avait, un moment, attribu\u00e9s aux Celtes, puis aux hommes du Chalcolithique, s\u2019av\u00e8rent bien trop anciens pour que les uns ou les autres en aient \u00e9t\u00e9 les b\u00e2tisseurs. Mais si les pierres lev\u00e9es restent un myst\u00e8re, il est, par contre, certain que les druides en avaient perc\u00e9 les secrets, \u00e0 moins que ces derniers ne leur aient \u00e9t\u00e9 confi\u00e9s avec d\u2019autres connaissances ancestrales. De sorte que nombre de c\u00e9r\u00e9monies \u00e9taient organis\u00e9es autour des dolmens et des menhirs, ceux-ci ayant \u00e9t\u00e9 plac\u00e9s dans des lieux de haute \u00e9nergie tellurique. Ces emplacements, o\u00f9 se concentrent les forces de la nature, y compris celles provenant du cosmos (les m\u00e9galithes faisant office de points de connexion entre la terre et le ciel), devinrent sacr\u00e9s aux yeux des Celtes qui pouvaient y voir des manifestations du divin ou de l\u2019invisible. Et ce sont sans doute ces m\u00eames forces naturelles qui les amen\u00e8rent \u00e0 croire aux elfes, aux korrigans, aux sylphes et aux ondines.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">A c\u00f4t\u00e9 de ces puissances anthropomorphes existait un panth\u00e9on celtique bien plus en rapport avec l\u2019id\u00e9e que l\u2019on peut se faire des dieux.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Chez les Gaulois, le \u00ab&nbsp;Dis Pater&nbsp;\u00bb (le \u00ab&nbsp;p\u00e8re divin&nbsp;\u00bb) \u00e9tait la d\u00e9it\u00e9 la plus importante. Tous les Gaulois pr\u00e9tendaient \u00eatre issus du Dis Pater, ce dernier n\u2019\u00e9tant pas vu comme un p\u00e8re biologique mais comme le p\u00e8re de leur \u00e2me immortelle. Ce concept ne peut se comprendre que si on se place du point de vue de leur principale croyance qui avait trait \u00e0 la transmigration des \u00e2mes. Cette foi en la r\u00e9incarnation \u00e9tait m\u00eame encourag\u00e9e par les druides comme nous le prouve ce conte bardique intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;le Peredur&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;Des deux c\u00f4t\u00e9s de la rivi\u00e8re s\u2019\u00e9tendaient des prairies unies. Sur l\u2019une des rives, il y avait un troupeau de moutons blancs et, sur l\u2019autre, un troupeau de moutons noirs. A chaque fois que b\u00ealait un mouton blanc, un mouton noir traversait l\u2019eau et devenait blanc. A chaque fois que b\u00ealait un mouton noir, un mouton blanc traversait l\u2019eau et devenait noir.&nbsp;\u00bb L\u2019interpr\u00e9tation de ce conte est fort simple, le mouton noir repr\u00e9sentant l\u2019\u00e2me emprisonn\u00e9e dans la mati\u00e8re qui, lorsqu\u2019elle se d\u00e9sincarne, s\u2019en va rejoindre le monde spirituel symbolis\u00e9 par&nbsp;le troupeau de moutons blancs. A contrario, le mouton blanc qui devient noir apr\u00e8s avoir travers\u00e9 la rivi\u00e8re, est assur\u00e9ment une \u00e2me qui vient s\u2019incarner dans le monde mat\u00e9riel symbolis\u00e9 par le troupeau de moutons noirs. Ainsi qu\u2019on peut en juger, nous sommes bien loin d\u2019une religion polyth\u00e9iste, mais bel et bien en pr\u00e9sence d\u2019une religion monoth\u00e9iste, qui plus est annonciatrice du christianisme des premiers temps. Ce qui n\u2019emp\u00eacha pas les Celtes, et surtout les Gallo-Romains (sans doute influenc\u00e9s par les Romains), de diviniser plusieurs \u00e9l\u00e9ments, ou \u00e9v\u00e9nements, venant rythmer leur vie.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">En compl\u00e9ment f\u00e9minin du Dis Pater, sans toutefois pouvoir l\u2019\u00e9galer, nous trouvons la D\u00e9esse-M\u00e8re ou Terre-M\u00e8re, venue tout droit de la pr\u00e9histoire et rappelant la D\u00e9m\u00e9ter des Grecs. Elle \u00e9tait cette terre g\u00e9n\u00e9ratrice et nourrici\u00e8re sans laquelle toute vie \u00e9tait impossible.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Avec Teutat\u00e8s, l\u2019une des divinit\u00e9s de la triade gauloise, nous sommes une nouvelle fois renvoy\u00e9s au Dis Pater, auquel il \u00e9tait souvent compar\u00e9. Et il est, d\u2019ailleurs, fort probable que nous ayons affaire au m\u00eame dieu. Teutat\u00e8s n\u2019\u00e9tait-il pas consid\u00e9r\u00e9 comme le p\u00e8re du peuple&nbsp;? Il \u00e9tait \u00e9galement le conducteur des \u00e2mes. Mais au lieu de les entra\u00eener, apr\u00e8s la mort, dans le sombre royaume souterrain de Pluton, il les conduisait dans ces groupes de globes lumineux, dans ces constellations aux clart\u00e9s myst\u00e9rieuses qui pars\u00e8ment l\u2019immensit\u00e9 de la vo\u00fbte c\u00e9leste.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Dans la triade gauloise venaient prendre place deux autres dieux&nbsp;: Esus et Taran (ou Taranis). Esus \u00e9tait un dieu b\u00fbcheron dont le r\u00f4le \u00e9tait d\u2019inspirer les combats. Quant \u00e0 Taran, il n\u2019\u00e9tait autre que le dieu du tonnerre et de la foudre.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Autre dieu d\u2019importance pour les Gaulois&nbsp;: Albiorix (roi du monde). V\u00e9ritable Mercure gaulois, Albiorix \u00e9tait l\u2019inventeur de tous les arts utiles. Connu aussi sous le nom de Rigisamos (tr\u00e8s loyal), il assurait la protection des routes et des voyageurs. A ses c\u00f4t\u00e9s figuraient presque toujours, en tant qu\u2019animaux symboliques, le bouc et le coq.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Belenos, pour sa part, \u00e9tait l\u2019\u00e9quivalent d\u2019Apollon. Le \u00ab&nbsp;Tr\u00e8s Brillant&nbsp;\u00bb \u00e9tait r\u00e9put\u00e9 \u00e9loigner les maladies et faire jaillir des sources salvatrices. En tant que divinit\u00e9 solaire, il \u00e9tait f\u00eat\u00e9 le 1<sup>er<\/sup> mai, date qui comm\u00e9morait le renouveau du soleil et de la vie. C\u2019est aussi en son honneur que l\u2019on organisait, le 24 juin, les feux et les danses de la Saint-Jean (proches du solstice d\u2019\u00e9t\u00e9). Enfin, notons que Belenos \u00e9tait le patron des beaux-arts et de la beaut\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Ne pouvant \u00eatre exhaustif dans ce d\u00e9fil\u00e9 de divinit\u00e9s gauloises, nous terminerons notre \u00e9num\u00e9ration par l\u2019Hercule gaulois&nbsp;: Ogmios. N\u2019ayant ni la jeunesse ni la force de son mod\u00e8le greco-romain, Ogmios n\u2019en portait pas moins les principaux attributs, soit la peau de lion, la massue et l\u2019arc. Mais l\u00e0 s\u2019arr\u00eatait la ressemblance, car l\u2019Hercule gaulois \u00e9tait un vieillard d\u00e9cr\u00e9pit et rid\u00e9, presque chauve, tra\u00eenant derri\u00e8re lui, \u00e0 l\u2019aide de longues et minces cha\u00eenes d\u2019ambre et d\u2019or suspendues \u00e0 sa langue et \u00e0 ses l\u00e8vres, tout un peuple d\u2019auditeurs qui le suivaient avec joie. Ogmios \u00e9tait donc le dieu de l\u2019\u00e9loquence. Dans la mythologie irlandaise, que nous allons voir dans un instant, il devient Ogm\u00e9 et est r\u00e9put\u00e9 \u00eatre l\u2019inventeur des caract\u00e8res oghamiques.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">En Irlande, les traditions celtiques se sont bien mieux conserv\u00e9es que sur le continent. A cela, deux raisons&nbsp;essentielles&nbsp;: la premi\u00e8re vient du fait que les druides pourchass\u00e9s en Gaule, sous les r\u00e8gnes de Tib\u00e8re et de Claude, purent trouver refuge d\u2019abord en Grande-Bretagne, puis en Irlande. En ce dernier lieu, ils parvinrent \u00e0 se maintenir pr\u00e8s de quatre si\u00e8cles, ne c\u00e9dant que pas \u00e0 pas du terrain face \u00e0 l\u2019avanc\u00e9e du clerg\u00e9 chr\u00e9tien. De sorte que leur enseignement resta plus longtemps vivace en ce lieu. La deuxi\u00e8me raison trouve son fondement dans le travail des moines irlandais qui s\u2019attach\u00e8rent, au Moyen-Age, \u00e0 consigner la mythologie de leur pays dans des manuscrits richement d\u00e9cor\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Au nombre de ces textes qui sont parvenus jusqu\u2019\u00e0 nous se trouve le \u00ab&nbsp;Livre des Invasions&nbsp;\u00bb, lequel raconte une protohistoire de l\u2019Irlande particuli\u00e8rement mouvement\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Tout commen\u00e7a apr\u00e8s le grand d\u00e9luge,&nbsp;lorsque la magicienne Cessair d\u00e9cida de venir s\u2019installer sur l\u2019\u00eele avec les siens. Un grand malheur pourtant la frappa, au point de la faire dispara\u00eetre, elle et tout son monde. L\u2019Irlande se retrouva donc \u00e0 demi-d\u00e9serte pendant un temps difficile \u00e0 d\u00e9terminer, jusqu\u2019en 2640 avant J\u00e9sus-Christ o\u00f9 l\u2019\u00eele vit d\u00e9barquer sur ses c\u00f4tes le prince Partholon avec vingt-quatre couples venus tout droit de Gr\u00e8ce. Au bout de 300 ans, ce groupe avait suffisamment prosp\u00e9r\u00e9 pour atteindre une population de 5.000 \u00e2mes. Toutefois, une terrible \u00e9pid\u00e9mie survint et les d\u00e9cima enti\u00e8rement. Entre-temps, les \u00ab&nbsp;fils de Nemred&nbsp;\u00bb, originaires de Scythie, s\u2019\u00e9taient install\u00e9s sur la terre d\u2019Irlande, de m\u00eame que les hommes de Bolg, pr\u00e8s de 200 ans apr\u00e8s. Mais la plus grande invasion vint des \u00eeles du Nord avec l\u2019arriv\u00e9e des \u00ab&nbsp;Tuatha D\u00e9 Danann&nbsp;\u00bb (Tribu de la d\u00e9esse Dana). Consid\u00e9r\u00e9s comme des \u00eatres divins, les Tuatha D\u00e9 Danann devinrent tr\u00e8s vite les ma\u00eetres de l\u2019\u00eele. N\u2019\u00e9tant pas venus les mains vides, ils \u00e9taient fiers d\u2019exhiber le glaive de Nuada, la lance de Lug, le chaudron de Dagd\u00e9 et la pierre du Destin qui avait la particularit\u00e9 de crier quand le roi l\u00e9gitime d\u2019Irlande s\u2019asseyait sur elle. La lance de Lug avait valu \u00e0 ce dernier le surnom de \u00ab&nbsp;Lug-\u00e0-la-Longue-Main&nbsp;\u00bb. Il s\u2019agissait d\u2019une arme terrifiante qui n\u2019\u00e9tait pas sans rappeler nos plus puissants lasers. Quant au chaudron magique de Dagd\u00e9, il \u00e9tait capable de nourrir les hommes de la terre enti\u00e8re. Pour puissants qu\u2019ils \u00e9taient, les Tuatha D\u00e9 Danann ne durent pas moins livrer bataille, car ils avaient des ennemis presque aussi forts qu\u2019eux&nbsp;: les \u00ab&nbsp;Fomor\u00e9&nbsp;\u00bb. Les Fomor\u00e9 \u00e9taient des g\u00e9ants monstrueux qui \u00e9taient r\u00e9put\u00e9s avoir \u00e9t\u00e9 les premiers habitants de la terre et, par cons\u00e9quent, de l\u2019Irlande. Sans doute jaloux du pouvoir des Tuatha D\u00e9 Danann, ils leur d\u00e9clar\u00e8rent la guerre et une premi\u00e8re bataille eut lieu \u00e0 Mag Tuireadh (la plaine des piliers, soit la plaine des menhirs). Les Tuatha D\u00e9 Danann sortirent vainqueurs du combat, mais ils eurent \u00e0 regretter de nombreuses pertes. Leur roi Nuada, lui-m\u00eame, eut la main droite tranch\u00e9e. Elle fut heureusement remplac\u00e9e, gr\u00e2ce au talent du gu\u00e9risseur Diancecht, par une main d\u2019argent et articul\u00e9e qui avait tout d\u2019une main bionique. Cependant, Nuada \u00ab&nbsp;\u00e0 la Main d\u2019Argent&nbsp;\u00bb, consid\u00e9r\u00e9 comme diminu\u00e9, dut abdiquer en faveur de Bress, fils de la D\u00e9 Danann Eriu et du Fomor\u00e9 Elatha, ce dernier nom signifiant \u00ab&nbsp;le savoir&nbsp;\u00bb. Bress ayant exerc\u00e9 le pouvoir avec tyrannie, il fut chass\u00e9 du tr\u00f4ne pour \u00eatre remplac\u00e9 par Nuada qui, entre-temps, avait retrouv\u00e9 sa main naturelle, greff\u00e9e par Miach, le fils de Diancecht. Fou de col\u00e8re et n\u2019aspirant qu\u2019\u00e0 la vengeance, Bress persuada les Fomor\u00e9 de repartir en guerre contre les Tuatha D\u00e9 Danann. Dans chaque camp, les troupes se pr\u00e9par\u00e8rent pendant sept longues ann\u00e9es. Chez les Tuatha D\u00e9 Danann, Go\u00efbniu forgea de nouvelles armes, tandis que Diancecht fit jaillir une source qui avait la facult\u00e9 de gu\u00e9rir les blessures et ressusciter les morts. Cette eau miraculeuse fut, n\u00e9anmoins, neutralis\u00e9e par les Fomor\u00e9 qui y jet\u00e8rent des pierres maudites. Enfin arriva le jour de la grande bataille qui prit place dans la Moytura du Nord, une plaine parsem\u00e9e de m\u00e9galithes. La lutte fut terrible, et nombreux furent ceux qui tomb\u00e8rent des deux c\u00f4t\u00e9s. Gr\u00e2ce \u00e0 son \u0153il, Balor, le chef des Fomor\u00e9, frappa mortellement Nuada. Mais il fut, \u00e0 son tour, tu\u00e9 par Lug qui usa de sa fronde magique pour lui crever son \u00ab&nbsp;mauvais \u0153il&nbsp;\u00bb. Finalement, les Tuatha D\u00e9 Danann vinrent \u00e0 bout des Fomor\u00e9, lesquels furent rejet\u00e9s \u00e0 la mer. Une fois d\u00e9barrass\u00e9s des Fomor\u00e9, les Tuatha D\u00e9 Danann ne profit\u00e8rent pas tr\u00e8s longtemps de leur supr\u00e9matie. A peine s\u2019\u00e9taient-ils remis de leur dernier combat qu\u2019ils durent affronter des envahisseurs venus de l\u2019empire des morts&nbsp;: les \u00ab&nbsp;Mil\u00e9siens&nbsp;\u00bb. Au cours de ce conflit, les trois derniers rois des Tuatha D\u00e9 Danann trouv\u00e8rent la mort. Les survivants de la tribu de Dana obtinrent n\u00e9anmoins la paix au prix de leur exil. Apr\u00e8s avoir c\u00e9d\u00e9 l\u2019entier territoire de l\u2019Irlande, ils s\u2019en all\u00e8rent dans le pays d\u2019Au-del\u00e0.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Au cours de ce r\u00e9cit, dont les \u00e9l\u00e9ments nous viennent tout droit du Moyen-Age (gardons bien ce fait \u00e0 l\u2019esprit), nous avons d\u00e9j\u00e0 pu mesurer l\u2019ampleur de cette technologie cens\u00e9e avoir \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9poque celtique. Mais en \u00e9tudiant d\u2019un peu plus pr\u00e8s cette mythologie irlandaise, nous d\u00e9couvrons des informations tout aussi \u00e9poustouflantes, voire plus encore. Revenons, tout d\u2019abord, sur le personnage de Balor. Ainsi que nous venons de le voir, son \u00ab&nbsp;\u0153il&nbsp;\u00bb \u00e9tait une arme terrifiante. Ce que l\u2019on sait moins, c\u2019est qu\u2019il fallait pas moins de quatre hommes pour soulever, \u00e0 l\u2019aide d\u2019un croc, la paupi\u00e8re de l\u2019\u0153il en question. Et quand il s\u2019ouvrait, l\u2019\u0153il lan\u00e7ait une d\u00e9charge d\u2019une telle puissance qu\u2019il \u00e9tait capable de foudroyer des dizaines d\u2019adversaires \u00e0 la fois. Lug, de son c\u00f4t\u00e9, avait condamn\u00e9 les fils de Tuirenn \u00e0 lui rapporter la \u00ab&nbsp;lance de feu&nbsp;\u00bb appartenant \u00e0 Pis\u00e9ar, roi de Perse, ce qui n\u2019\u00e9tait pas une mince affaire. En effet, ladite lance ne pouvait \u00eatre manipul\u00e9e qu\u2019avec d\u2019infinies pr\u00e9cautions, en la maintenant notamment dans un r\u00e9cipient rempli d\u2019eau sous peine qu\u2019elle n\u2019enflamme tout ce qui l\u2019entourait. De sorte que certains auteurs n\u2019ont pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 voir dans la lance de Pis\u00e9ar une barre de plutonium radioactif&nbsp;! Les enfants de Llyr, Br\u00e2n et Manannan, poss\u00e9daient, quant \u00e0 eux, de bien \u00e9tranges objets. Comme \u00e9voqu\u00e9 plus haut, Br\u00e2n \u00e9tait l\u2019heureux propri\u00e9taire d\u2019un chaudron magique qui avait le pouvoir de ressusciter les morts&nbsp;; et Manannan, son fr\u00e8re, voyageait dans des v\u00e9hicules lui permettant d\u2019aller aussi bien dans l\u2019espace que de naviguer sur les eaux (il avait une \u00ab&nbsp;barque sans voiles ni avirons&nbsp;\u00bb). Manannan avait, para\u00eet-il, trois jambes. L\u2019\u00eele de Man, dont il fut le roi, a conserv\u00e9 ce souvenir dans ses armes, les trois jambes y apparaissant dans un mouvement qui nous rappelle le trisk\u00e8le. Enfin, Manannan semble avoir assist\u00e9 \u00e0 une effroyable explosion nucl\u00e9aire, comme nous le prouve cet extrait du texte intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Mannawyddan fils de Lyr&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ce soir-l\u00e0, pendant que les serviteurs \u00e9taient en train de manger, ils sortirent tous les quatre et se rendirent avec leur suite au tertre d\u2019Arberth. Comme ils y \u00e9taient assis, un grand coup de tonnerre se fit entendre, suivi d\u2019un nuage si \u00e9pais qu\u2019ils ne pouvaient s\u2019apercevoir les uns les autres. La nu\u00e9e se dissipa et tout s\u2019\u00e9claircit autour d\u2019eux. Lorsqu\u2019ils jet\u00e8rent les yeux sur cette campagne o\u00f9 auparavant on voyait troupeaux, richesses, habitations, tout avait disparu, maisons, b\u00e9tail, fum\u00e9e, hommes, demeures&nbsp;; il ne restait que les maisons de la Cour, vides, sans une cr\u00e9ature humaine, sans un animal. Leurs compagnons m\u00eame avaient disparu sans laisser de traces\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Comment, au Moyen-Age, pouvait-on d\u00e9crire des armes aussi destructrices&nbsp;? En outre, n\u2019oublions pas que les moines irlandais se contentaient de rappeler des faits survenus plus d\u2019un mill\u00e9naire avant eux. Tout ceci reste un myst\u00e8re. Aussi, laisserons-nous le lecteur se forger sa propre opinion sur ce sujet.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">On ne peut, bien entendu, parler des Celtes sans dire quelques mots sur leurs ma\u00eetres spirituels&nbsp;qu\u2019\u00e9taient les druides.<\/p>\n<p align=\"justify\"><a href=\"https:\/\/www.pagans.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Druide1.jpg\" rel=\"wp-prettyPhoto[6683]\"><img loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-6688 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.pagans.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Druide1.jpg\" alt=\"\" width=\"275\" height=\"298\"><\/a><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Bien que leur enseignement n\u2019ait \u00e9t\u00e9 qu\u2019oral et que deux empereurs romains se soient acharn\u00e9s \u00e0 les faire dispara\u00eetre, nous avons conserv\u00e9, dans notre m\u00e9moire collective, l\u2019image de ces hommes (et femmes) de blanc v\u00eatus qui guidaient le peuple dans leur vie de tous les jours. Preuve qu\u2019il s\u2019agissait de personnages d\u2019importance dont les descendants des Gaulois ont gard\u00e9 une certaine nostalgie. Mais qui \u00e9taient-ils au juste&nbsp;? Les druides font officiellement leur entr\u00e9e dans la litt\u00e9rature grecque au III\u00e8me si\u00e8cle avant J\u00e9sus-Christ. Mais il est plus que probable qu\u2019ils s\u2019install\u00e8rent parmi les Celtes vers le VI\u00e8me si\u00e8cle avant notre \u00e8re. Ce qui signifie que les premiers druides n\u2019\u00e9taient peut-\u00eatre pas des Celtes \u00e0 l\u2019origine, m\u00eame si leurs successeurs \u00e9taient ensuite choisis &#8211; et instruits \u2013 parmi ce peuple. D\u2019o\u00f9 venaient-ils alors&nbsp;? Nul ne le sait. Toujours est-il que, par leur immense sagesse et leurs connaissances non moins grandes, ils ne tard\u00e8rent pas \u00e0 s\u2019imposer aux chefs des tribus, au point qu\u2019aucune d\u00e9cision importante ne pouvait \u00eatre prise sans leur accord.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Le mot m\u00eame de \u00ab&nbsp;druide&nbsp;\u00bb vient de \u00ab&nbsp;daru \u2013 vid&nbsp;\u00bb, ce qui signifie le \u00ab&nbsp;tr\u00e8s voyant&nbsp;\u00bb ou le \u00ab&nbsp;tr\u00e8s savant&nbsp;\u00bb. N\u00e9anmoins, une diff\u00e9rentiation doit \u00eatre op\u00e9r\u00e9e entre trois sortes de personnages que l\u2019on aurait tendance \u00e0 d\u00e9signer sous le terme g\u00e9n\u00e9rique de \u00ab&nbsp;druide&nbsp;\u00bb. C\u2019est Pline l\u2019Ancien qui nous apprend \u00e0 les distinguer&nbsp;: \u00ab&nbsp;Cependant l\u2019\u00e9tude des sciences dignes d\u2019estime commenc\u00e9e chez les bardes, les vates et les druides, a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e par des hommes cultiv\u00e9s. Les bardes ont chant\u00e9 aux doux accents de la lyre, composant des vers h\u00e9ro\u00efques sur les exploits des plus braves&nbsp;; les vates se sont efforc\u00e9s, par leur recherche, d\u2019acc\u00e9der aux \u00e9v\u00e9nements et aux secrets les plus hauts de la nature&nbsp;; parmi eux, les druides l\u2019emportent par leur g\u00e9nie, ainsi que l\u2019autorit\u00e9 de Pythagore en a d\u00e9cid\u00e9.&nbsp;\u00bb Diog\u00e8ne La\u00ebrce avait \u00e9galement une haute opinion des druides, voyant en eux des pr\u00e9curseurs dans le domaine de la philosophie, bien avant les grecs&nbsp;: \u00ab&nbsp;Quelques-uns affirment que l\u2019\u00e9tude de la philosophie a commenc\u00e9 chez les Barbares. Les Mages la pratiquaient chez les Perses, les Chald\u00e9ens chez les Babyloniens ou les Assyriens, les Gymnosophistes chez les habitants de l\u2019Inde, ainsi que chez les Celtes et les Gaulois ceux qu\u2019on appelle Druides et Semnoth\u00e9es.&nbsp;\u00bb La r\u00e9f\u00e9rence aux \u00ab&nbsp;Semnoth\u00e9es&nbsp;\u00bb que l\u2019on associe aux \u00ab&nbsp;Druides&nbsp;\u00bb est d\u2019importance car, en grec, le mot \u00ab&nbsp;Semnoth\u00e9es&nbsp;\u00bb signifie litt\u00e9ralement \u00ab&nbsp;les hommes v\u00e9n\u00e9rables d\u2019origine divine&nbsp;\u00bb, comme l\u2019a tr\u00e8s justement remarqu\u00e9 l\u2019arch\u00e9ologue et chercheur au CNRS Jean-Louis Brunaux. Ce qui nous montre combien les druides \u00e9taient respect\u00e9s en Gaule, leur aura ayant atteint jusqu\u2019aux Grecs.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Formant un v\u00e9ritable corps sacerdotal, les druides \u00e9taient aussi bien hommes de Dieu qu\u2019hommes de science, et leur enseignement avait une si grande r\u00e9putation que les familles gauloises voyaient avec bonheur l\u2019admission de leurs enfants aupr\u00e8s de tels ma\u00eetres. Outre le fait qu\u2019un grand savoir leur \u00e9tait inculqu\u00e9 &#8211; il fallait vingt ann\u00e9es pour former un druide &#8211; les \u00e9l\u00e8ves savaient que, s\u2019ils parvenaient \u00e0 obtenir ce titre envi\u00e9 \u00ab&nbsp;d\u2019homme v\u00e9n\u00e9rable&nbsp;\u00bb, cela leur procurerait de grands avantages&nbsp;: haute position sociale (car personne n\u2019\u00e9tait au-dessus des druides), exemption du service militaire, etc\u2026<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 vu, les connaissances druidiques \u00e9taient exclusivement transmises par voie orale, ce qui ne veut pas dire que les druides ignoraient l\u2019\u00e9criture, bien au contraire. Le grec, le latin, le l\u00e9pontien et l\u2019h\u00e9breu leur \u00e9taient familiers, m\u00eame s\u2019ils pr\u00e9f\u00e9raient utiliser l\u2019alphabet grec dans la r\u00e9daction des actes administratifs. Ils avaient, par contre, une \u00e9criture qui leur \u00e9tait propre&nbsp;: l\u2019\u00e9criture oghamique. Les oghams \u00e9taient form\u00e9s \u00e0 partir de traits verticaux ou diagonaux port\u00e9s sur une ligne horizontale. Apparent\u00e9s aux runes, les oghams \u00e9taient principalement utilis\u00e9s pour la divination.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Chez les Celtes, l\u2019art divinatoire n\u2019\u00e9tait pas pris \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re. Demandant une bonne dose d\u2019intuition, il \u00e9tait essentiellement confi\u00e9 aux druidesses, les femmes, tr\u00e8s consid\u00e9r\u00e9es dans la soci\u00e9t\u00e9 celte, pouvant, bien entendu, acc\u00e9der au rang de \u00ab&nbsp;Semnoth\u00e9es&nbsp;\u00bb. Pour les druidesses, il existait un lieu particuli\u00e8rement sacr\u00e9 \u00e0 leurs yeux&nbsp;: l\u2019\u00eele de Sein, situ\u00e9e juste en face de la pointe du Raz. D\u2019ailleurs, neuf druidesses y demeuraient en permanence. Elles \u00e9taient r\u00e9put\u00e9es pouvoir commander aux flots qu\u2019elles soulevaient ou apaisaient \u00e0 leur guise.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Bien entendu, de nombreux autres lieux \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme sacr\u00e9s par les Gaulois et leurs pr\u00eatres, et en premier la for\u00eat des Carnutes. Gigantesque territoire bois\u00e9 s\u2019\u00e9tendant de la Seine \u00e0 la Loire, la for\u00eat des Carnutes avait \u00e9t\u00e9 choisie par les druides en tant que position centrale de la Gaule. C\u2019est donc en ce lieu, si\u00e8ge du culte druidique, qu\u2019ils organisaient, chaque ann\u00e9e, leurs grandes r\u00e9unions.<\/p>\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Enfin, en tant que d\u00e9tenteurs de la connaissance divine, que nous pouvons comparer \u00e0 la gnose, les druides dirigeaient la spiritualit\u00e9 du peuple celte et leur avaient notamment inculqu\u00e9 ce principe de r\u00e9incarnation qui, d\u2019apr\u00e8s Jules c\u00e9sar, conduisait les Gaulois \u00e0 ne point craindre la mort. Les secrets de la gnose \u00e9tant difficiles \u00e0 enseigner, on peut imaginer que les druides prodiguaient, \u00e0 la fa\u00e7on des parfaits cathares, deux enseignements&nbsp;: un enseignement \u00e9sot\u00e9rique, r\u00e9serv\u00e9 aux seuls initi\u00e9s et donc \u00e0 la caste des druides, et un enseignement exot\u00e9rique et simplifi\u00e9, beaucoup plus accessible au peuple. Il ne s\u2019agissait pourtant pas de laisser ce dernier dans l\u2019ignorance. Aussi les druides s\u2019\u00e9taient-ils \u00e9vertu\u00e9 \u00e0 transcrire leurs plus hautes connaissances dans les symboles, symboles que nous retrouvons dans l\u2019art celtique. De cette mani\u00e8re, ils \u00e9taient certains que leur savoir ne se perdrait pas, comme ils avaient aussi le secret espoir que l\u2019esprit de quelques-uns s\u2019ouvrirait devant la figuration de l\u2019ind\u00e9finissable. Parmi les symboles qu\u2019ils utilisaient, se trouvait l\u2019incontournable croix druidique connue sous le nom de \u00ab&nbsp;Rodabellug&nbsp;\u00bb. Cette derni\u00e8re comprenait trois cercles concentriques appel\u00e9s respectivement \u00ab&nbsp;Abred&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Gwenved&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Keugant&nbsp;\u00bb. L\u2019Abred repr\u00e9sentait le monde terrestre, celui de l\u2019incarnation o\u00f9 l\u2019homme est soumis aux \u00e9preuves. Apr\u00e8s la mort, les \u00e2mes arrivent dans Gwenved, un plan de puret\u00e9 o\u00f9 elles baignent dans l\u2019amour et la connaissance. Mais le troisi\u00e8me cercle, Keugant, est, quant \u00e0 lui, beaucoup plus difficile d\u2019acc\u00e8s. C\u2019est le plan divin, le plan o\u00f9 l\u2019homme est appel\u00e9 \u00e0 devenir un dieu. Accessible \u00e0 peu d\u2019\u00e9lus, c\u2019est pourtant vers lui que tend le but de notre existence. Tout le monde doit y parvenir, mais au prix de combien de r\u00e9incarnations&nbsp;!<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Beaucoup d\u2019autres choses m\u00e9riteraient d\u2019\u00eatre dites sur les druides, ces sages dont le souvenir s\u2019est perp\u00e9tu\u00e9 \u00e0 travers les \u00e2ges. Mais nous ne pouvons \u00eatre exhaustifs en la mati\u00e8re, tant le sujet est immense. Reconnaissons, toutefois, qu\u2019ils ont fa\u00e7onn\u00e9 cette civilisation celte au point d\u2019en faire l\u2019une des plus brillantes civilisations que la terre ait connues. Et comment serait notre monde aujourd\u2019hui si la civilisation romaine ne s\u2019\u00e9tait pas employ\u00e9e \u00e0 d\u00e9truire ce qu\u2019elle ne comprenait pas&nbsp;? Sans doute aurait-il \u00e9t\u00e9 bien meilleur que celui que nous connaissons aujourd\u2019hui\u2026<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><i><b>Pascal Cazottes<\/b><\/i><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LES CELTES Le mot m\u00eame de \u00ab&nbsp;Celtes&nbsp;\u00bb r\u00e9sonne dans notre m\u00e9moire collective \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un coup de tonnerre. A la seule \u00e9vocation de ce nom, vient s\u2019imposer l\u2019image de grands guerriers, combattant pour la plupart<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":6686,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[18,59,42],"tags":[159,86,157,97,158,105,85],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"2.10.4","language":"en","enabled_languages":["fr","en"],"languages":{"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":false},"en":{"title":false,"content":false,"excerpt":false}}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pagans.eu\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6683"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pagans.eu\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pagans.eu\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pagans.eu\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pagans.eu\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6683"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.pagans.eu\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6683\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pagans.eu\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6686"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pagans.eu\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6683"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pagans.eu\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6683"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pagans.eu\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6683"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}